10 choses à savoir quand tu deviens professeur des écoles

photo enseignant débordée C’est bientôt la rentrée et des milliers de PES vont rentrer dans le métier. C’est l’occasion pour moi de partager une petite réflexion que j’ai menée dernièrement.

Voici  10 choses que j’aurais beaucoup aimé entendre lorsque j’ai débuté.

 

1. La préparation de la classe est un travail sans fin.

 Perfectionnistes, vous êtes prévenus ! On peut toujours améliorer une séquence, différencier davantage, préparer de nouveaux supports d’aides, créer des jeux, améliorer la présentation des fiches élèves, lire, se former, se documenter…

Toute une vie ne suffirait pas à faire le tour de la question quand il s’agit d’éducation. Il faut savoir dire « STOP » dans la préparation de sa classe.

 

2. Il y a des choses à enseigner qui ne sont pas dans les programmes.

 Ces petites choses qui nous semblent évidentes pour nous adultes, mais qui ne le sont pas pour nos élèves.

Exemples : se repérer sur une feuille ou une page à carreaux, utiliser un cahier (dans le bon sens, sans sauter de pages), utiliser un classeur (comprendre le système des intercalaires), apprendre à apprendre (une poésie, une leçon…), apprendre à faire une ronde, etc.

 

3. Ce n’est pas parce que tous tes élèves n’ont pas eu la note maximale à l’évaluation que tu es un(e) mauvais(e) prof.

Bon, si la moitié de la classe est passée totalement à côté de l’évaluation d’histoire, je me remets en question 😉 Mais je garde en tête que certains élèves ont des rythmes d’apprentissages différents. Que c’est pour cela que les notions essentielles sont vues et revues tous les ans. Même si je fais de mon mieux pour que tous les élèves aient acquis ces notions, pour certains, cela n’est pas suffisant.

Je ne suis pas Superwoman et je l’accepte. Pour ta santé mentale, je te conseille d’en faire autant !

 

4. Être instit, ça coûte cher.

 Préparez-vous psychologiquement à dépenser pour travailler dans de bonnes conditions. Mêmes les plus radins d’entre vous ne pourront pas y échapper.

« Pourquoi ? » me direz-vous.

Parce que vous aurez besoin de matos qui ne pourra pas être pris en charge par la mairie (les cartouches d’encre de votre imprimante personnelle par exemple.)

Parce que vous ne pourrez pas faire de commandes mairie en cours d’année.

Parce que c’est plus simple d’acheter avec son pécule personnel.

 

5. Ne crains pas de manquer d’activités pour la journée.

 Quand j’ai débuté (et encore un peu maintenant), je préparais une tonne de choses à faire dans la journée par peur du vide.

Or, sortir les affaires, donner les consignes, s’assurer que les élèves ont compris la tâche à accomplir, gérer les problèmes d’incivilités, calmer les élèves en rentrant de récré… sont des actions très chronophages. 

Au pire, si les élèves ont fini plus tôt que prévu, est-ce si grave ? Un temps libre pour lire, dessiner ou colorier leur sera agréable. Ils se détendront. Tant que les élèves sont occupés, la situation sera sous contrôle (un mandala est bien plus efficace qu’un exercice de maths pour mettre fin aux bavardages !).

S’il reste 10 minutes avant la sonnerie, pas de panique ! On sort une histoire. Petits et grands adorent ces moments-là. C’est l’occasion d’entendre des œuvres du patrimoine littéraire.

 

6. Travailler en autonomie, ça s’apprend.

 Quand j’étais PES, une partie de mes élèves de CE1 venaient d’une classe de CP et l’autre, d’une classe de CP/CE1. La différence était flagrante ! Les élèves qui avaient été dans une classe en double niveau étaient beaucoup plus autonomes ! Preuve que travailler en autonomie, cela s’apprend. Et mener cet apprentissage est d’autant plus nécessaire si vous avez une classe à plusieurs niveaux !

Si ce sujet, vous intéresse, je vous conseille d’aller lire mon article sur la gestion d’un cours à plusieurs niveaux.

Image Enseigner dans une classe multiple

7. N’attends pas de reconnaissance dans ton travail.

 Si comme moi vous avez eu une autre carrière avant de devenir enseignant, peut-être avez-vous été habitué à voir votre « chef » de temps en temps. Il était présent pour évoquer votre intégration dans l’équipe, pour discuter de votre perspective d’évolution. Vous saviez où le trouver en cas de besoin.

Oubliez ça !

Dorénavant votre supérieur hiérarchique sera un parfait inconnu qui viendra juger votre travail de temps à autre. (Bon je caricature peut-être un peu mais vous voyez l’idée…)

Vous avez monté un superbe spectacle avec votre classe ? Vous vous êtes organisé(e) personnellement pour partir une semaine en classe verte avec vos élèves ? Vous avez monté un super projet ? Félicitations ! Mais ne pensez pas que cet investissement exceptionnel sera reconnu lors de votre évaluation ou sur votre bulletin de salaire.

Attention, ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit. Je ne vous encourage absolument pas à faire le strict minimum ! Je vous préviens simplement qu’il ne faut pas attendre de ce métier une quelconque reconnaissance professionnelle.

Avec un peu de chance, les parents vous remercieront.

 

8. Il ne faut pas hésiter à demander de l’aide .

 La séquence de ton collègue te semble géniale ?  Demande-la lui ! Qu’est-ce que tu risques ? Au pire, il trouvera une excuse pour ne pas te la donner.

Les maîtres-formateurs, les conseillers pédagogiques sont aussi là pour épauler les enseignants – jeunes ou moins jeunes.

Enfin, joindre un groupe Facebook ou poster un message sur un forum permet d’exprimer ses difficultés sans craindre le regard d’autrui. C’est parfois essentiel pour se rebooster.

 

9. Les casiers des élèves ne seront pas toujours rangés au carré.

 Je manquais parfois de m’étouffer en regardant les casiers de mes élèves. Je mettais ça sur le compte de ma jeune expérience (je ne faisais pas souvent le point sur le rangement du casier… ).

Mais j’ai pu observer des casiers dans des classes d’enseignants bien plus expérimentés : même constat.

Un casier, c’est le coffre au trésor des élèves, leurs espaces de liberté.  😉

 

10. Tous les parents ne pensent pas que tu travailles 24 heures par semaine 6 mois de l’année.

 Les médias véhiculent une image négative des enseignants. Quand il est question d’éducation au JT, c’est surtout pour mettre en avant les faibles scores PISA des élèves français…

D’après mon expérience, beaucoup de parents ont en fait une bonne idée des enseignants en général. Parce que même s’ils ne sont pas eux-mêmes profs ou nés de parents enseignants, ils ont déjà organisé un anniversaire avec 5 gamins et ont fini sur les rotules.

Inutile donc d’être sur la défensive en permanence.

 


Si vous avez réussi à lire ce post jusqu’au bout : BRAVO . Il est un peu long mais j’espère qu’il aidera certains d’entre vous.

Si vous voyez d’autres « trucs » à ajouter à cette liste, n’hésitez pas à l’ajouter dans les commentaires. Et si ce « top 10 » vous parle, vous pouvez le partager sur les réseaux sociaux ! Merci !

Vous pouvez aussi me suivre grâce à ma Page Facebook : https://www.facebook.com/blogapreslaclasse/

 

 

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4 réflexions sur “10 choses à savoir quand tu deviens professeur des écoles

  1. Ber-tue dit :

    Post très intéressant et dans lequel on se retrouve beaucoup !
    Avis aux PES : penser à vous de temps en temps ! Sortez, amusez-vous, ne rester pas cloîtrés chez vous à bosser pour la fac ou votre classe, votre bien-être en dépend !! Il faut s’accorder du temps pour soit si on ne veut pas couler… et vous verrez que ça va bien se passer et que vous allez adorer ce beau métier !! (Conseil d’une toute jeune titulaire à la rentrée)

  2. Anonyme dit :

    Merci pour ces conseils. Ça permet de relativiser a l’approche de la rentrée… J’avais déjà eu la chance de voir ce post sur FB mais avec un blog c’est encore mieux!

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